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Assimi Goïta gracie l’agent français de la DGSE Yann Vézilier

Après près d’un an de détention au Mali et une condamnation à vingt ans de prison, l’agent français de la DGSE Yann Vézilier a été gracié par le président de la transition malienne, Assimi Goïta. Une décision qui met fin à un dossier particulièrement sensible entre Bamako et Paris.
Le président de la transition malienne, le général Assimi Goïta, a accordé sa grâce à Yann Vézilier, officier français de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), détenu au Mali depuis août 2025.
Le ressortissant français a été libéré le 13 août 2026, près d’un an après son arrestation à Bamako.
Condamné à vingt ans de prison
Yann Vézilier avait été arrêté en août 2025 par les services de sécurité maliens. Les autorités l’accusaient notamment d’avoir participé à une tentative de déstabilisation des institutions maliennes.
Officiellement deuxième secrétaire à l’ambassade de France à Bamako, il était également un officier de la DGSE dûment accrédité auprès des autorités maliennes.
Paris avait dès le début rejeté les accusations portées contre lui et dénoncé son arrestation, estimant notamment que son statut diplomatique devait lui garantir une protection au titre de la Convention de Vienne.
Le 5 juin 2026, la justice malienne l’avait néanmoins condamné à vingt ans de réclusion criminelle, ainsi qu'à une interdiction de séjour de vingt ans au Mali et à une amende.
Une grâce accordée par Assimi Goïta
Un peu plus de deux mois après cette lourde condamnation, Assimi Goïta a finalement décidé d'accorder sa grâce à l'officier français.
Cette mesure permet sa remise en liberté, mais n'annule pas juridiquement la condamnation prononcée par la justice malienne.
Yann Vézilier a quitté le territoire malien après sa libération.
Une médiation marocaine en coulisses
Cette libération intervient après plusieurs mois de démarches diplomatiques autour du sort de l'agent français.
Le Maroc aurait notamment joué un rôle important de médiation entre les différentes parties. Rabat avait déjà participé aux efforts ayant conduit, en décembre 2024, à la libération de quatre agents français détenus pendant plus d'un an au Burkina Faso.
D'autres pays avaient également tenté d'intervenir dans le dossier malien.
Un dossier au cœur des tensions entre Bamako et Paris
L'affaire Yann Vézilier s'inscrit dans un contexte de profonde dégradation des relations entre la France et le Mali.
Depuis l'arrivée au pouvoir des militaires à Bamako et le rapprochement du Mali avec la Russie, les relations entre les deux anciens partenaires se sont considérablement détériorées.
L'arrestation de l'officier français avait encore aggravé ces tensions et conduit Paris à rappeler des membres de son dispositif de renseignement présents au Mali.
La grâce accordée par Assimi Goïta referme désormais l'un des dossiers diplomatiques les plus sensibles entre les deux pays, sans pour autant signifier une normalisation immédiate des relations franco-maliennes.
