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Nigeria–Afrique du Sud : les violences contre les migrants provoquent une nouvelle crise diplomatique

Publié le 12/09/2026 17:56:29
Nigeria–Afrique du Sud : les violences contre les migrants provoquent une nouvelle crise diplomatique
Les tensions montent entre le Nigeria et l’Afrique du Sud après de nouvelles violences impliquant des ressortissants nigérians. Le Parlement nigérian a suspendu ses visites officielles et sa participation aux activités parlementaires organisées en Afrique du Sud, mettant une nouvelle fois la question des violences xénophobes au cœur des relations entre les deux puissances africaines. 

Les relations entre Abuja et Pretoria sous tension

Les relations entre le Nigeria et l’Afrique du Sud connaissent un nouvel épisode de tension. Le Parlement nigérian a décidé de suspendre, jusqu’à nouvel ordre, les visites officielles de ses parlementaires en Afrique du Sud ainsi que leur participation aux activités législatives organisées par des institutions sud-africaines.

Cette décision intervient dans un contexte de violences récurrentes visant des ressortissants étrangers en Afrique du Sud, notamment des citoyens originaires d’autres pays africains.

Pour Abuja, la question est désormais autant diplomatique que sécuritaire.

Deux ressortissants nigérians récemment tués

La tension s’est encore accentuée après la mort de deux ressortissants nigérians en Afrique du Sud au début du mois de septembre.
Les relations entre Abuja et Pretoria sous tension

Les relations entre le Nigeria et l’Afrique du Sud connaissent un nouvel épisode de tension. Le Parlement nigérian a décidé de suspendre, jusqu’à nouvel ordre, les visites officielles de ses parlementaires en Afrique du Sud ainsi que leur participation aux activités législatives organisées par des institutions sud-africaines.

Cette décision intervient dans un contexte de violences récurrentes visant des ressortissants étrangers en Afrique du Sud, notamment des citoyens originaires d’autres pays africains.

Pour Abuja, la question est désormais autant diplomatique que sécuritaire.

Deux ressortissants nigérians récemment tués

La tension s’est encore accentuée après la mort de deux ressortissants nigérians en Afrique du Sud au début du mois de septembre.

Selon le ministère nigérian des Affaires étrangères, James Uchechukwu Nwankwo est mort après une intervention de policiers au Cap le 5 septembre. Les autorités nigérianes mettent en cause les méthodes utilisées lors de son interrogatoire.

Un autre Nigérian, l’évêque Taiwo Michael Fakunle, a été tué à son domicile à Johannesburg le 4 septembre. Les circonstances et le mobile de son meurtre n’étaient pas encore clairement établis lors des premières communications officielles.

Ces deux affaires ont renforcé les inquiétudes du Nigeria concernant la sécurité de ses ressortissants installés en Afrique du Sud.

Le Parlement nigérian hausse le ton

Le 11 septembre, le Parlement nigérian a annoncé la suspension de ses déplacements officiels et engagements parlementaires en Afrique du Sud.

La mesure concerne les parlementaires et les rencontres organisées par des institutions sud-africaines. Elle ne constitue donc pas une rupture complète des relations diplomatiques et ne s’applique pas aux déplacements du gouvernement nigérian.

Cette décision représente néanmoins un signal politique fort adressé à Pretoria.

Les responsables nigérians demandent depuis plusieurs années une meilleure protection de leurs ressortissants vivant et travaillant en Afrique du Sud.

Au moins 98 Nigérians tués depuis 2022 selon Abuja

Les derniers événements s’inscrivent dans une situation plus ancienne.

Selon des chiffres communiqués par les autorités nigérianes, au moins 98 Nigérians auraient été tués en Afrique du Sud depuis 2022 dans des attaques de foule, des violences liées à la haine ou des incidents qualifiés d’extrajudiciaires.

Les tensions de 2026 ont également entraîné des départs. Selon les autorités nigérianes citées par Reuters, 1 695 Nigérians ont été volontairement évacués d’Afrique du Sud cette année dans un contexte marqué par les tensions xénophobes.

Pourquoi les étrangers sont-ils pris pour cible ?

L’Afrique du Sud reste l’une des principales économies du continent et attire depuis longtemps des travailleurs et entrepreneurs venus d’autres pays africains.

Mais le pays connaît également un chômage très élevé, de fortes inégalités et d’importantes difficultés sociales.

Dans certaines mobilisations anti-immigration, des étrangers sont accusés d’aggraver le chômage, la criminalité ou encore la pression exercée sur les services publics.

Ces accusations ont régulièrement alimenté des mouvements hostiles aux migrants et, dans certains cas, des violences.

Ces phénomènes ne sont pas nouveaux. Plusieurs vagues de violences xénophobes ont déjà marqué l’histoire récente de l’Afrique du Sud et provoqué des tensions avec d’autres États africains.

Deux puissances africaines aux relations complexes

La crise prend une dimension particulière en raison du poids politique et économique des deux pays.

Le Nigeria et l’Afrique du Sud comptent parmi les États les plus influents du continent. Ils coopèrent dans de nombreux domaines économiques et diplomatiques, mais leurs relations ont déjà été fragilisées par la question des violences contre les ressortissants nigérians.

En juillet 2026, le ministre sud-africain des Relations internationales, Ronald Lamola, s’était rendu à Abuja afin de discuter notamment de ces tensions avec les autorités nigérianes.

Le gouvernement sud-africain avait alors réaffirmé sa condamnation de toutes les formes de xénophobie.

Les derniers décès et la décision du Parlement nigérian montrent cependant que le dossier reste loin d’être réglé.

Un enjeu qui dépasse le Nigeria et l’Afrique du Sud

Cette crise soulève une question plus large pour le continent : celle de la circulation et de la protection des citoyens africains à l’intérieur de l’Afrique.

Alors que l’Union africaine défend depuis plusieurs années une plus grande intégration du continent, les tensions liées à l’immigration restent importantes dans plusieurs pays.

La réponse apportée par Pretoria aux violences contre les étrangers sera donc suivie bien au-delà du Nigeria.

Pour Abuja, l’enjeu est désormais d’obtenir des garanties concrètes concernant la sécurité de ses ressortissants. Pour l’Afrique du Sud, il s’agit également d'éviter que les tensions internes liées à l’immigration ne détériorent davantage ses relations avec ses partenaires africains.

La suspension décidée par le Parlement nigérian constitue ainsi un avertissement politique : sans amélioration de la situation, les violences contre les migrants pourraient peser de plus en plus lourd sur les relations entre les deux pays.