Human Rights Watch accuse des combattants de l’Africa Corps russe opérant aux côtés des forces maliennes d’exactions contre des civils dans le centre du Mali. Neuf personnes, dont quatre enfants, auraient notamment été tuées à Bombori.
Pour fiabiliser l'article, j'ai croisé cette actualité du 20 août avec les informations récentes sur la situation sécuritaire : les autorités maliennes ont elles-mêmes présenté le 13 août un bilan des opérations de juin-juillet, tandis que Reuters documentait encore la semaine dernière le poids financier et militaire du JNIM dans le pays.
Bamako, 20 août 2026 — De nouvelles accusations mettent en cause des combattants de l’Africa Corps russe et des militaires maliens dans la mort de civils dans le centre du Mali. Human Rights Watch (HRW) affirme avoir documenté plusieurs exactions commises lors d’opérations menées contre des groupes armés dans la région de Mopti.
L’une des affaires les plus graves concerne le village de Bombori, où neuf civils auraient été tués le 10 juillet 2026. Parmi les victimes figuraient quatre enfants âgés de 6 à 17 ans.
Des civils tués lors d’opérations militaires
Selon les témoignages recueillis par Human Rights Watch, les victimes auraient été arrêtées avant d’être tuées.
L'organisation affirme que les faits impliqueraient des combattants russes de l’Africa Corps opérant aux côtés des forces maliennes.
Ces accusations interviennent alors que les autorités de Bamako poursuivent leurs opérations militaires contre les groupes armés présents dans plusieurs régions du pays.
Le centre du Mali reste particulièrement exposé aux violences. Les populations civiles se retrouvent régulièrement prises entre les opérations des forces de sécurité et les attaques des organisations jihadistes.
L’Africa Corps au cœur de la stratégie sécuritaire malienne
La présence russe occupe désormais une place importante dans le dispositif militaire du Mali.
Après le retrait des forces françaises et la fin de la mission des Nations unies, Bamako a considérablement renforcé sa coopération avec Moscou. L’Africa Corps, structure placée sous l'autorité du ministère russe de la Défense, a progressivement pris une place importante dans ce partenariat.
Cette coopération est présentée par les autorités maliennes comme un élément essentiel de la lutte contre les groupes armés.
Mais les accusations concernant le comportement de certains combattants russes alimentent parallèlement les critiques des organisations internationales de défense des droits humains.
Une situation sécuritaire toujours extrêmement fragile
Ces révélations interviennent quelques mois après une importante dégradation de la situation sécuritaire.
En avril, des attaques coordonnées avaient notamment touché Bamako et plusieurs positions militaires. Le ministre malien de la Défense, Sadio Camara, avait été tué au cours de cette offensive.
Le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, demeure l'un des principaux adversaires des autorités maliennes.
Un récent rapport des Nations unies a également mis en lumière l'ampleur des ressources financières dont dispose le groupe. Une rançon estimée à 50 millions de dollars, versée fin 2025 pour obtenir la libération d'un otage, aurait contribué au financement de ses opérations au Mali et dans le reste du Sahel.
Le défi de la protection des populations
Pour les autorités maliennes, l'enjeu reste considérable : reprendre le contrôle des territoires confrontés aux groupes armés tout en protégeant les populations civiles.
Les accusations formulées contre les forces engagées dans les opérations antiterroristes ajoutent cependant une nouvelle dimension au conflit.
Au-delà de leur dimension humanitaire, les éventuelles exactions contre des civils peuvent fragiliser la confiance entre l'État et les populations locales, particulièrement dans les régions où les groupes jihadistes cherchent eux-mêmes à accroître leur influence.
La lutte contre les organisations armées au Mali se joue donc sur plusieurs fronts : militaire, politique, économique, mais aussi sur celui de la confiance des populations.
Les accusations publiées contre l’Africa Corps rappellent ainsi que la question de la protection des civils demeure l’un des enjeux centraux de la crise malienne, alors que Bamako et ses partenaires cherchent toujours à contenir une insurrection qui continue de déstabiliser une grande partie du Sahel.