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Soudan : la guerre menace désormais de déborder au-delà des frontières

Publié le 26/08/2026 16:04:25
Soudan : la guerre menace désormais de déborder au-delà des frontières
Plus de trois ans après le début de la guerre entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide (RSF), le conflit prend une dimension régionale de plus en plus inquiétante.

Des frappes signalées à l’intérieur du territoire tchadien ont conduit l’Union africaine à appeler, ce mercredi 26 août, à éviter toute extension des hostilités au-delà des frontières du Soudan.

Depuis avril 2023, le Soudan est plongé dans une guerre opposant les Forces armées soudanaises (SAF), dirigées par le général Abdel Fattah al-Burhan, aux Forces de soutien rapide (RSF) de Mohamed Hamdan Dagalo, dit « Hemedti ».

Après plus de trois années de combats, le pays reste profondément divisé. L’armée contrôle notamment Khartoum ainsi qu’une grande partie du nord et de l’est, tandis que les RSF conservent une forte présence dans l’ouest, particulièrement au Darfour. Les combats se concentrent également dans le Kordofan et gagnent désormais du terrain dans l’État du Nil Bleu, à proximité de l’Éthiopie.
Plus de trois ans après le début de la guerre entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide (RSF), le conflit prend une dimension régionale de plus en plus inquiétante. Des frappes signalées à l’intérieur du territoire tchadien ont conduit l’Union africaine à appeler, ce mercredi 26 août, à éviter toute extension des hostilités au-delà des frontières du Soudan.

Depuis avril 2023, le Soudan est plongé dans une guerre opposant les Forces armées soudanaises (SAF), dirigées par le général Abdel Fattah al-Burhan, aux Forces de soutien rapide (RSF) de Mohamed Hamdan Dagalo, dit « Hemedti ».

Après plus de trois années de combats, le pays reste profondément divisé. L’armée contrôle notamment Khartoum ainsi qu’une grande partie du nord et de l’est, tandis que les RSF conservent une forte présence dans l’ouest, particulièrement au Darfour. Les combats se concentrent également dans le Kordofan et gagnent désormais du terrain dans l’État du Nil Bleu, à proximité de l’Éthiopie.

Des frappes à l’intérieur du Tchad

C’est désormais la frontière occidentale du Soudan qui suscite une inquiétude particulière.

Selon les autorités tchadiennes, des bombardements aériens ont eu lieu le 20 août 2026 dans la région de l’Ennedi-Est, au Tchad. L’état-major tchadien affirme que des aéronefs et des drones liés aux forces soudanaises ou à leurs soutiens auraient poursuivi et frappé une colonne de véhicules jusqu’à plus de 100 kilomètres à l’intérieur du territoire tchadien.

Le Tchad affirme qu’aucun de ses ressortissants n’a été tué lors de cet épisode, mais ses forces ont été placées en état d’alerte élevé. N’Djamena a également averti les belligérants soudanais qu’elle entendait défendre son intégrité territoriale.

L’Union africaine appelle à éviter l’escalade

Ce mercredi 26 août, l’Union africaine a officiellement réagi.

Le président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, a exprimé sa préoccupation face aux informations concernant les frappes du 20 août et rappelé le principe de l’inviolabilité des frontières africaines.

L’organisation panafricaine demande aux différentes parties de faire preuve de retenue et, surtout, d’éviter que la guerre soudanaise ne s’étende aux États voisins.

L’UA appelle également à renforcer la coopération entre les pays de la région afin de sécuriser les frontières et de prévenir de nouveaux incidents.

À l’est, la frontière éthiopienne devient également stratégique

Les inquiétudes ne concernent pas uniquement le Tchad.

Au mois d’août, les RSF et leurs alliés du SPLM-N ont réalisé d’importantes avancées dans l’État du Nil Bleu, frontalier de l’Éthiopie. Ils ont notamment repris Geisan le 11 août puis Kurmuk le 13 août, deux localités stratégiques proches de la frontière.

Ces avancées ouvrent de nouveaux axes vers les régions agricoles et les zones contrôlées par l’armée soudanaise dans la vallée du Nil. Plusieurs analyses font également état de l'utilisation possible de zones situées du côté éthiopien comme bases arrière des combattants, une situation susceptible d’accentuer encore la dimension régionale du conflit.

Une guerre déjà alimentée par des rivalités régionales

Le risque de régionalisation ne date pourtant pas de cette semaine.

Depuis le début de la guerre, plusieurs puissances étrangères sont accusées de soutenir directement ou indirectement les deux camps. L’Égypte est notamment considérée comme un soutien de l’armée soudanaise, tandis que les Émirats arabes unis sont régulièrement accusés d'apporter un soutien aux RSF, ce qu’Abou Dhabi conteste.

Le 25 août, les États-Unis ont d’ailleurs demandé un renforcement des sanctions des Nations unies contre les protagonistes du conflit et proposé d’étendre l’embargo sur les armes. Washington estime que les soutiens militaires, financiers et politiques extérieurs contribuent à prolonger la guerre.

Les populations civiles, premières victimes

Derrière ces affrontements géopolitiques se trouve surtout une catastrophe humaine majeure.

Plus de 14 millions de personnes ont été déplacées depuis le début de la guerre et plus de 4,5 millions ont fui vers les pays voisins, notamment le Tchad, le Soudan du Sud et l’Éthiopie.

Selon l’International Rescue Committee, environ 33,7 millions de personnes, soit près des deux tiers de la population soudanaise, ont désormais besoin d’une assistance humanitaire.

La faim progresse, les infrastructures sont détruites et une grande partie du système de santé ne fonctionne plus correctement.

Le spectre d’une crise régionale

La situation du Soudan dépasse donc progressivement les seules frontières du pays.

À l’ouest, les incidents avec le Tchad se multiplient. À l’est, les combats se rapprochent de l’Éthiopie. Au sud, le Soudan du Sud subit déjà les conséquences économiques et humanitaires de la guerre, tandis que des millions de réfugiés et déplacés exercent une pression considérable sur les pays voisins.

L’incident du 20 août constitue ainsi un nouveau signal d’alarme.

Après plus de trois ans de guerre, la question n’est plus seulement de savoir comment mettre fin aux combats au Soudan. Elle est désormais aussi de savoir comment empêcher cette guerre de déstabiliser davantage toute la région.