Un violent effondrement survenu le 18 août dans la mine d’or artisanale de Zamboye, dans l’ouest de la République centrafricaine, a fait des dizaines de morts. Alors que des sources locales évoquent plus de 100 victimes, le bilan officiel provisoire s’établit à 49 morts. Au-delà de la catastrophe, le drame remet en lumière les conditions extrêmement précaires dans lesquelles travaillent des milliers d’orpailleurs.
Une nouvelle catastrophe frappe le secteur minier centrafricain. Le 18 août 2026, une partie du site d’exploitation artisanale d’or de Zamboye, dans la préfecture de Nana-Mambéré, s’est brutalement effondrée alors que de nombreux orpailleurs se trouvaient sur place.
Située à une cinquantaine de kilomètres de Baboua et à proximité de la frontière camerounaise, la mine attire de nombreux travailleurs venus chercher dans l’or une source de revenus pour leurs familles.
Les premières heures suivant la catastrophe ont donné lieu à des bilans particulièrement lourds. Des responsables locaux, des volontaires de la Croix-Rouge et des représentants du secteur minier ont fait état de plus de 100 morts, tandis que plusieurs personnes restaient portées disparues.
Le gouvernement centrafricain a par la suite communiqué un bilan officiel provisoire de 49 personnes décédées : 34 Centrafricains, 13 Camerounais et deux Tchadiens. Sept blessés ont également été transportés à l’hôpital de Baboua.
Des recherches difficiles
L’ampleur exacte de la catastrophe reste difficile à établir, notamment parce que le nombre de personnes présentes dans les galeries au moment de l’effondrement n’est pas connu avec précision.
Les opérations de recherche ont également été compliquées par le manque de matériel et de moyens spécialisés disponibles sur place.
Selon les premières constatations communiquées par le parquet de Baboua, l’effondrement de plusieurs galeries souterraines pourrait être à l’origine du drame.
Les autorités ont ordonné la fermeture provisoire du site et une enquête judiciaire a été ouverte afin de déterminer les circonstances exactes de l’accident, d’identifier les responsables de l’exploitation de la mine et d’établir d’éventuelles responsabilités pénales.
L’or, une ressource vitale mais dangereuse
La catastrophe de Zamboye met une nouvelle fois en lumière la réalité de l’exploitation artisanale de l’or en République centrafricaine.
Dans plusieurs régions du pays, des milliers de personnes dépendent directement ou indirectement de cette activité. L’exploitation artisanale constitue une source de revenus essentielle dans des territoires où les possibilités d’emploi restent limitées.
Mais cette économie s’accompagne de risques considérables.
Les puits et les galeries sont souvent creusés manuellement. Les structures permettant de consolider les parois peuvent être insuffisantes et les travailleurs disposent rarement des équipements de protection ou des dispositifs de secours que l’on retrouve dans les exploitations industrielles.
Lorsqu’un terrain devient instable, quelques secondes peuvent suffire pour ensevelir des dizaines de personnes.
Une catastrophe qui n’est pas isolée
Zamboye n’est pas le premier site minier centrafricain touché par un accident meurtrier.
Le 8 juin, un autre effondrement survenu à Kinyémé, également dans la Nana-Mambéré, avait fait au moins huit morts et plusieurs disparus.
La répétition de ces accidents alimente désormais les interrogations sur le contrôle des exploitations artisanales et l’application des règles de sécurité.
Après le drame de Zamboye, plusieurs responsables politiques ont demandé aux autorités de renforcer les contrôles sur les sites miniers et de faire toute la lumière sur les conditions dans lesquelles la mine était exploitée.
Un enjeu qui dépasse la catastrophe
Derrière le bilan humain se pose une question plus large : comment sécuriser l'exploitation artisanale sans supprimer une activité dont dépendent économiquement de nombreuses familles ?
L'interdiction pure et simple des sites non conformes peut priver des communautés entières de revenus. Mais l'absence de contrôles suffisants expose quotidiennement les mineurs à des risques majeurs.
La catastrophe de Zamboye remet ainsi au premier plan la nécessité de mieux encadrer les exploitations, de contrôler les galeries, d’améliorer les équipements de protection et surtout de disposer de véritables moyens de secours dans les principales zones minières.
Alors que les recherches se poursuivent et que le bilan définitif reste à établir, Zamboye pourrait devenir le symbole d'un problème beaucoup plus profond : celui d'une richesse minière qui fait vivre des milliers de personnes, mais dont l'exploitation continue parfois de se payer au prix fort.